La Trace des Maquisards 2026 - Run Across the Storm, part. 1/3
- Antoine Au-Job
- 13 févr.
- 11 min de lecture
Dernière mise à jour : 14 févr.
Dans le cadre du projet Run Across the Storm
Ultra-Trail
105km, 4380m d+, 15h35'03''
07/02/2026, Oyonnax (France)
87ème /708 partants (520 finishers)
Dossard 185 : lien de suivi LiveTrail
11 novembre 1943 au matin. "Dans l'aube froide et cotonneuse", telle que l'a décrite Marco, la colonne des maquisards, pataugeant dans la neige, s'ébranle enfin. Un peu plus bas, on s'entasse dans les camions soigneusement bâchés. Direction enfin révélée : Oyonnax.
Les routes de montagne sont périlleuses. À tout moment, l'ennemi peut intercepter le convoi. L'itinéraire, soigneusement étudié, sera ainsi fixé : le convoi s'ébranlera du Grand Abergement. On filera par Le Poizat, Lalleyriat. On traversera la RN 84 à Moulin de Charix. On grimpera aux abords du lac Genin, avant de déboucher sur Oyonnax par la forêt d'Échallon. Le dispositif du défilé, lui aussi, a été scrupuleusement arrêté. Le Colonel Romans marchera en tête avec, à ses côtés, le Capitaine Jaboulay (dit Belleroche) puis le Lieutenant Molher (dit Duvernois) et le Lieutenant Bonnet (dit Dunoir) de l'État-Major régional. Suivra le drapeau avec sa garde. Tanton, mitraillette au poing ouvrira la marche.
Ce sont trois sections, fortes chacune d'une trentaine d'hommes, qui défileront derrière le drapeau.
Legrand avancera en tête de la première section : à ses côtés, les frères jumeaux Marius et Julien Roche.
C'est Raymond Mulard qui aura l'honneur de porter le drapeau. On l'a prévu au camp de Morez, comme pour toute la garde. Les hommes se sont entraînés à défiler. De même l'équipement touchant au drapeau a été récupéré à Hotonnes et Ruffieu (notamment auprès du curé et du secrétaire de mairie). Car il fallait aussi - et ce n'était pas un détail mineur - quelques paires de gants blancs. "Les miens, a précisé Mulard qui le tenait de son vieux copain Comtet, avaient été portés par une jeune femme qui s'était mariée huit jours plus tôt."
Quant à Ludo, il se souvient qu'on lui remit, quelque part à l'entrée d'Oyonnax, une gerbe en forme de grande croix de Lorraine fleurie : "Un peu encombrant et pas très discret, jugea-t-il, ce paquet ; quand on se ballade seul sur une route."
Peu après, alors que les unités de maquisards sont fin prêtes, et que les hommes de protection, mitraillette au poing, sont en place, Ludo remettra la gerbe à Julien Roche, qui avancera aux côtés de son frère Marius, tandis que lui, Ludo, trouvera une place à gauche de la garde d'honneur du drapeau.
Il est près de midi. Romans se tourne vers ses hommes : - "Les Maquis de l'Ain, à mon commandement !"
Cet ordre que le chef vient de hurler, devant une population abasourdie, résonne encore dans les oreilles de tous les acteurs survivants de ce grand moment, des dizaines d'années plus tard. Le clairon sonne la garde. Mulard dresse bien droit son cher drapeau, et porte sur la poitrine sa croix de guerre 39-40.
Depuis la place de la Poste jusqu'au monument aux morts, les clairons et les tambours rythment la marche. "Aucun de ceux qui ont participé à cette cérémonie, commente Chabot, ne peut oublier l'ambiance exceptionnelle qui s'est créée peu à peu pour atteindre l'un de ces sommets qu'il est rare de vivre dans toute une existence."
Romans dépose la gerbe barrée de sa fière inscription : "Les vainqueurs de demain à ceux de 14-18".
La Marseillaise s'élève, enflée par la foule, une Marseillaise mêlée de larmes, "qui surgit, grossit, monte...".
"Cette Marseillaise ce n'est pas celle des aires d'aérodromes ou des quais de gares, mais celle des soldats de l'an II de la République" comme le dira plus tard Daniel Mayer, Président du Conseil Constitutionel, lors d'un discours au Val d'Enfer à Cerdon.
On acclame les gars du maquis, on les entoure affectueusement. On leur donne ce que l'on a sous la main : un peu d'argent, des cigarettes et, bien plus que cela, des cris d'encouragement et de réconfort.
Cependant, il faut repartir. Vite laisser derrière soi les ovations d'une population comme prise de folie. On embarque dans les camions. Direction les camps où se préparent de nouvelles luttes, où s'entraîneront toujours davantage de patriotes en vue d'affrontements futurs. Nul ne sait de quoi sera fait l'an 1944 tout proche, et quand sonneront enfin les cloches de la Libération...
Le coup d'audace d'Oyonnax - ce défilé au grand jour d'une centaine de maquisards au nez et à la barbe des nazis dans une ville de la France occupée - allait connaître un retentissement extraordinaire "que nul parmi nous n'avait prévu" reconnaît Chabot qui rappelle qu'à Londres, Emmanuel d'Astier de La Vigerie, en informe lui-même Winston Churchill.
Les Maquis de l'Ain venaient de gagner une bataille pour la libération de la France.
"L'esprit de la France vit encore", écrivaient, quand leur parvint l'information, les journaux de Grande Bretagne, d'Amérique et des pays neutres, relatant les circonstances incroyables de ce défilé.
Les conséquences de l'exploit furent immédiates, Churchill annonça à Emmanuel d'Astier de La Vigerie : "J'ai décidé d'armer la Résistance Française". Ainsi, la France résistante tout entière allait bénéficier du défilé d'Oyonnax.
Source : https://www.maquisdelain.org/
7 février 2026, 11h du matin, Oyonnax. Plus de 80 ans après ces faits, j'arrive devant Valexpo - à seulement quelques centaines de mètres du monument aux morts où le Colonel Henri Petit (dit Romans) déposa la fameuse gerbe en forme de croix de Lorraine fleurie. Il reste exactement 6 heures avant le grand départ. Entre temps, pas de répit, il faut récupérer le dossard, manger, préparer les équipements et le matériel obligatoire et, si possible, se reposer un peu.
En entrant dans Valexpo, nous somme accueillis par des maquisards, avec vêtements et armes d'époque. L'ambiance est conviviale, l'organisation rodée. Après avoir récupéré le dossard et déposé le sac de délestage à l'endroit prévu, nous filons à l'appartement en centre-ville - notre QG pour ce week-end dans l'Ain - pour finaliser les derniers préparatifs.
La Trace des Maquisards est un ultra-trail nocturne de 105km et 4300m d+. Une boucle, partant et arrivant à Oyonnax, serpentant entre singles techniques au coeur des gorges de l'Ain et sentiers plus roulants sur les plateaux d'altitude du Haut-Bugey.
Plus d'informations sur Trace de Trail et dans le RoadBook 2026


Créé en hommage aux maquisards et comme vecteur de mémoire, la trace passe naturellement par des sites emblématiques liés à la Résistance : le camp de Chougeat, le viaduc de Cize, Nantua, la prairie d'Échallon.
Dans ce cadre, cette course est la première partie (sur trois) de Run Across the Storm, mon projet sportif mémoriel 2026, mêlant défis sportif, hommage et transmission mémorielle de l'histoire des maquisards durant la 2nd Guerre Mondiale.
Crédits photos : Pho Au-Job, la Trace des Maquisards / Crédits vidéos : Pho Au-Job
Il est 16h20 lorsque le cortège se met en marche. Objectif : rejoindre le départ tous ensemble. Une procession silencieuse, entre Valexpo et la rue Anatole France, encadré par les maquisards, l'armée et les cadets de la gendarmerie. Arrivé devant la Mairie, le discours d'usage des élus est à peine terminé qu'une Marseillaise résonne de plus en plus fort au sein de la foule, a-capella.
Le matériel obligatoire a été vérifié quelques minutes avant par les organisateurs, les dernières consignes ont été dites. Les coureurs sont maintenant prêts, entassés dans le sas de départ.
Crédits photos : la Trace des Maquisards
À 17h, les fauves sont lâchés. 708 coureurs venus de toute la France pour dompter la Trace.
Les températures sont agréables pour un mois de février, entre 0 et 8°C prévues selon l'heure et l'altitude. Les premiers kms sont roulants et permettent d'allonger le peloton avant d'arriver sur des sentiers plus étroits. La tactique du jour - ou plutôt de la nuit - est simple : gestion maximale jusqu'au km 80 et alimentation toutes les heures.
Les premiers kms défilent vite, la route sèche faisant bientôt place à des sentiers boueux. Après avoir franchi le barrage de Charmines, longé le lac de retenue, s'être ravitaillé à Matafelon, la montée vers le plateau de Chougeat - aux alentours du km 14, soit après 1h25 de course - peut s'amorcer.
Crédits photos : Musée de la Résistance Nantua
En mars 1943, André Fornier et Raymond Charvet reconnaissent prés de Matafelon, une grotte située au Signal de Chougeat. En effet, l’arrivée des premiers réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) oblige les responsables de l’Armée secrète de Bourg-en-Bresse à leur trouver des refuges.
La grotte de l'Ours, située près du hameau de Chougeat accueille les premiers jeunes dès la fin du mois de mars.
Ils sont encadrés par Hyvernat (dit Commis) - ancien moniteur de l'organisation vichyste Jeunesse et Montagne - par l'instituteur Roger Pioud (dit Pédale) et par Georges Perrin (dit Tintin).
La grotte - insalubre, froide et humide - est vite abandonnée et des baraquements sont construits en contrebas, dans une clairière au Signal. Une source assure l’eau potable. Pour le ravitaillement, les jeunes peuvent comptés sur les membres de l'Armée secrète de Bourg-en-Bresse et sur les cultivateurs des hameaux de Chougeat et Matafelon.
Le 6 août 1943, le camp est placé sous les ordres de Romans. En septembre 1943, l'effectif atteint les 60 hommes.
Au total, 22 camps voient le jour situés en moyenne montagne, sur les hauteurs de Bourg-en-Bresse, Oyonnax et Bellegarde.
La nuit est désormais bien entamée lorsque je fini de traverser le plateau de Chougeat et bascule vers Daranche, de l'autre côté du massif. Il est aux alentours de 21h lorsque je franchis la fan zone du viaduc de Cize après 34km, environ 4h de course et 1100m d+.
Crédits photos : la Trace des Maquisards

Le 12 juillet 1944 au matin, des résistants français lancent une action sur le viaduc destinée à couper les communications ferrées et ainsi ralentir la progression des allemands.
À 07h05, ils placent des charges explosives sous une voûte de la voie routière et sous une autre de la voie ferrée. Les explosions sont uniquement censées endommager légèrement l’ouvrage mais elles se révèlent fatales et le détruisent quasi entièrement.
Le viaduc ne comportant pas d’appuis à ses extrémités, son tablier est uniquement soutenu par les piliers. En conséquence, en à peine vingt minutes, ceux des voûtes minées s’écroulent, déstabilisent complètement la structure du pont en entrainant presque tous les autres piliers avec eux.
Après l’écroulement, les bases des piliers centraux sont encore debout mais se font rapidement emporter par la première crue venue. Il ne reste plus que ceux des extrémités et les fondations sont complètement démantelées.
La quantité impressionnante de gravats modifie même le cours d’eau de la rivière, balayant ainsi le chemin situé sur sa rive droite et créant par la suite de nombreux ravinements. La reconstruction sur le même plan, de manière quasi identique à l'édifice d'origine, se termine en 1950 et la ligne ferroviaire peut, peu après, être ré-ouverte.
Source : https://patrimoines.ain.fr/
C'est entre le viaduc et le ravitaillement de Challes, dans le bois de Beauregard - dans une descente boueuse et caillouteuse à souhait - que je m'écroule comme un malpropre à flanc de falaise, rive droite de l'Ain. Une erreur de placement de pied sur des rochers humides, avec des semelles couvertes de boue, ne pardonne pas. Sur le cul, donc. Et un bâton en moins. Brisé en deux dans la chute, sous la tension du poids du corps.
On va donc devoir finir cette course à l'ancienne, avec un seul bâton, telle une personne ayant des problèmes psychomoteurs. Soit. C'est ok. J'arrive ainsi, vers 23h, plein d'entrain au ravitaillement de Challes, km 48, après 6h de course et 1776m d+. Au niveau du pacing, le rythme est bon et je commence à remonter petit à petit dans le classement, passant de la 192ème place à Matafelon (km 13) à la 130ème place - soit une remontée de 62 places en 35 bornes.
La suite est dans la même lignée. Le terrain est boueux et alterne entre passages techniques au fond des gorges, montées et descentes raides pour y accéder, et sentiers plus roulants sur les plateaux d'altitudes. J'arrive à la base de vie de Maillat, km 60, à 00h51 après 7h47 de course et 2346m d+. Je gagne encore 12 places au classement et me retrouve 118ème.
Et c'est la même musique. Je garde ce rythme et continue ma petite remontada.
À Nantua, Km 72, je gagne encore 19 places et me retrouve dans le top 100 après 9h45 de course et 2838m d+.
Crédits photos : Mairie de Nantua
Alors que le 11 novembre 1943 les maquisards de Romans défilent à Oyonnax, 150 Nantuatiens emmenés par le sénateur Eugène Chanal se rendent au Monument aux Morts de Nantua pour rendre hommage aux vainqueurs de 14-18, puis devant le piédestal d’Alphonse Baudin dont la statue a été retirée par l'occupant.
Défiler à visage découvert comporte des risques, quelques soutiens de Vichy s’en souviendront.
Le 14 décembre 1943, à 07h50 du matin, 500 militaires allemands appartenant aux forces de police et à la SS débarquent en gare de Nantua à bord d’un train en provenance de Bellegarde. La ville est bouclée.
Les soldats se déploient dans les rues, bloquent les issues et inspectent les domiciles. Tous les hommes valides sont arrêtés et regroupés.
Au collège, au moment de la récréation de 10h, l’établissement est fouillé, pendant que tous les élèves et le personnel sont alignés contre un mur dans la cour. 21 d’entre eux seront arrêtés et regroupés à la gare avec tous les autres raflés.
Le docteur Emile Mercier, l'adjoint au maire Antonin Allante et le capitaine de gendarmerie Paul Vercher sont gardés dans un local spécial en gare de Nantua durant la rafle.
Dénoncé, le docteur Mercier est conduit en traction dans l’après-midi sur la route de Maillat où il est fusillé.
Environ 130 hommes, âgés de 18 à 40 ans, sont ainsi embarqués dans un train qui quitte la gare vers 13h en direction de Bourg-en-Bresse.
11 prisonniers ont pu s’échapper des wagons avec la complicité des cheminots qui parvenaient à ralentir la vitesse du train. Les autres seront transférés au camp de Royallieu à Compiègne, puis au camp de Buchenwald en Allemagne.
Au total, sur les 116 personnes déportées, 95 ne sont jamais revenues.
Après le ravitaillement de Nantua, bordant un lac situé au fond d'une gorge, la trace remonte naturellement et passe au-dessus des 1000m d'altitude. La neige gelée remplace alors la boue, sur un terrain assez difficile alternant passages techniques en sous-bois et sentiers plus roulants.
À 06h du matin, j'arrive au lac Genin, km 89, après 12h55 de course et 3824m d+. Je pointe alors en 94ème position.
Il reste environ 15km avant l'arrivée. L'idée est d'accélérer progressivement sur ces derniers kilomètres et de basculer pleine bourre dans la dernière descente vers Oyonnax.
Mais avant ça, il faut franchir la forêt et la prairie - qui est en réalité un haut plateau - d'Échallon.
Crédits photos : https://www.maquisdelain.org/
Dans le Bugey et le Vafromey, les terrains de parachutage les plus importants pour le réseau Marksman furent ceux d’Izernore et de la prairie d’Échallon.
Entre mars et avril 1944, le réseau organisa 22 parachutages totalisant 589 containers.
Le 4 août 1944, trente-six B-17 "forteresses volantes" de l'USAAF, escortés par des chasseurs P-51 Mustangs, parachutèrent un important stock d'armes et d'explosifs dans la prairie d'Échallon pour les hommes de Romans.
Lors de ce parachutage, des mesures de sécurité exceptionnelles avaient été prises par les maquisards à Nantua : circulation paralysée à pied comme en voiture, central téléphonique coupée, patrouilles et barrages mis en place dans les rues.
Vidéo : Owen Denis Johnson dit "Paul", capitaine de l'OSS.
Récit complet du capitaine Paul sur le parachutage de la prairie d'Échallon : https://www.maquisdelain.org/docs/37eAvion.pdf
En octobre 1946, le maire d’Échallon, Émile Tournier-Coletta, ancien résistant, décide de faire édifier à la prairie d’Échallon - carrefour où convergent les chemins d’Échallon, Arbent, Belleydou et Viry - un monument à la mémoire de l’aide des Alliés. Le maire creuse lui-même les fondations du monument et son fils, ancien maquisard, Robert Tournier-Coletta, en dessine les plans et la maquette.
À la base d’une maçonnerie en forme de pyramide surmontée d’une croix de Lorraine, s’élève une stèle portant l’inscription "Ici les ailes alliées apportèrent l’aide à nos défenseurs et les armes de la libération".
Cette stèle est surmontée d’un buste réalisé par Mr. Maillet, sculpteur et maire de Martignat, représentant un maquisard fusil Sten dans la main droite, bras gauche levé, le regard tourné vers le ciel dans l’espoir d’un parachutage d’armes. Le monument est inauguré au printemps 1947.
Dans ce monument reposent les cendres de quatre officiers qui appartenaient au réseau Marksman : le colonel britannique Richard Harry Heslop (1907-1973), le capitaine américain Owen Denis Johnson (1918-1993), le capitaine français Raymond Aubin (1909-1991) et le lieutenant canadien Marcel Veilleux (1921-2004).
Crédits photos : la Trace des Maquisards
La traversée de la prairie d'Échallon se déroule dans la brume du petit matin, sur une neige rendue glissante par la gelée. J'arrive au dernier ravitaillement, au km 96, à 07h22 du matin. Le froid est sec, les jambes sont chaudes. Encore deux derniers coups de culs pour monter successivement au Mont de la Chaux et au Molard Rond, puis ça sera la bascule vers Oyonnax.
Les deux dernières difficultés s'enchaînent à vive allure et je m'engage pleine balle dans la dernière descente pour doubler le plus de concurrents possibles avant l'arrivée.
Crédits photos : Pho Au-Job
J'arrive à Oyonnax à 08h39 à la 87ème place - après 15h35 de course, 105km et 4380m d+.
Nous étions 708 coureurs au départ, nous ne serons que 520 à l'arrivée.

En savoir plus sur le Maquis de l'Ain et du Haut-Jura :
Documentaire RMC Découverte : https://www.youtube.com/watch?v=3SVGwV1btNY
En savoir plus sur le projet Run Across the Storm
©️AntoineAu-Job






























































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